mardi 14 juin 2011

22, Acacia Avenue…

Voici le chapitre 22 (et cette fois ci, c'est pour de bon)

Dans ce chapitre, nous découvrons qu'un petit clic pourrait tout à fait produire une grande claque…

Et qu'une candide imprévisible pourrait bien réserver des surprises…


Pas encore abonné ? Arf !
Bon, il n'est pas trop tard, voici l'adresse :

case.gugu@gmail.com

jeudi 19 mai 2011

22 !


                  Voici le chapitre 22 du modeste et génial roman «En suivant les papillons…»

Dans ce chapitre Manu, de retour chez elle, a forcément un peu de mal à atterrir… et à reprendre le cours de ses affaires.

D'autant qu'il s'est passé quelque chose, elle le sent bien dans les messages qu'elle reçoit. Mais elle éprouve quelques difficultés à rassembler les morceaux.

Comment ? Tu n'as pas lu le début ? La loose !
Bon, c'est pas grave, comme je suis bien bon, tu n'as qu'à m'envoyer un petit mail :

case.gugu@gmail.com

et je t'abonnerai… avec en cadeau bonus un envoi groupé du début du roman.

Bonne lecture et à bientôt pour le 23

Manugugu

lundi 18 avril 2011

le chapitre 20

Voici le chapitre 20…

Dans ce chapitre, Manu va se retrouver un petit peu déphasée.
Évidemment, avec tout ce qui lui est arrivé, on comprend qu'elle ait un peu de mal à trier ses mails.

Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Héhéhé… pour en savoir plus il faudra lire le chapitre.
Et surtout, ne sautez pas des pages pour prendre de l'avance. Je ferai un contrôle pour voir si vous avez tout lu correctement.

Évidemment, si (par inadvertance) vous n'êtes pas encore abonnés, vous prenez du retard !
Écrivez moi vite à l'adresse case.gugu@gmail.com : je vous enverrai le début du roman et vous inscrirai pour que vous ne loupiez pas la suite.

Et à bientôt pour le 21…

jeudi 7 avril 2011

épilogue


UN VOYAGE QUI OUVRE DES PERSPECTIVES

ou

Le Gugu passe à l'Est (par la fenêtre)

Épilogue

  • Chérie, j'ai écrit une petite histoire sur ce que j'ai fait quand je suis allé à Moscou. Tu voudrais la lire ?
  • Hmm… c'est quand tu es allé en Belgique ?
  • Heu… non, Moscou, tu sais, euh… la Russie. Nuoc Nga.
  • Ah ? Tu es allé en Russie ? Tu n'es pas allé voir les femmes ?
  • Heu… non.
  • Ah.
(…)
  • Bon, alors, si tu veux, tu peux aller la lire, c'est sur mon blog… C'est rigolo… tu m'entends ? Tu pourrais baisser un peu le son, là, parce que ce mec, là, il chante vraiment comme une casserole.
  • (…)
  • Alors, heu…
  • Attends c'est mon tour de chanter.
  • Oui, chérie, je t'aime !
  • Chut !

And That's All, Folks !

mercredi 6 avril 2011

конец




UN VOYAGE QUI OUVRE DES PERSPECTIVES

ou

Le Gugu passe à l'Est (par la fenêtre)

épisode 10 : конец


Ayant retrouvé mes esprits… euh… mon chemin, j'ai rejoint les autres, et il a fallu démonter les stands : j'ai foutu à la poubelle ces satanés bouts de papier, gardant tout de même les lettres et le soleil colorés, qui avaient fait mon heure de gloire : on se console comme on peut…
WWWWAAA…
Hum… oui, oui je ne vais pas recommencer, un peu, ça va…

L'après-midi, nous avions quartier libre, pour nous reposer ou aller visiter Moscou… j'avais bien envie de choisir la première option, mais bon, on ne vit qu'une fois, alors je me suis remué et j'ai rejoint un petit groupe d'explorateurs franco-belge.
Alors, ce qui est bien, c'est que là, on n'a pas eu à réfléchir, aucune décision à prendre : le Flamand nous a managés. Station de métro (avec panneaux indéchiffrables en cyrillique, allez une fois, on va par là, à droite, attention, ici il y a des pickpockets, gare à vos portefeuilles… hop, droite, gauche, droite, gauche… on fait le tour de la place Rouge et c'est l'heure de repartir. Je ne sais pas s'il fait pareil avec ses élèves, mais dans ce cas les miens doivent avoir un net avantage du point de vue de l'autonomie…
En passant, vous noterez un petit détail amusant : le bonhomme était allé trois fois à la Place Rouge aux trois moments réservés au tourisme pendant la durée du forum. Alors, si vous voulez un conseil, si vous allez à Moscou, n'allez pas tout le temps à la Place Rouge quand vous voulez visiter la ville.
C'est moche. Et surtout plein de bâtiments très mal assortis.
Comment ça, je dis du mal ?

Ceci dit, nous n'avons pas perdu notre temps, car BB (Benjamin de Bruxelles) nous a fait découvrir, devant le Kremlin, sur le tombeau du soldat inconnu, des applications Windows Phone… (dont une, du plus grand chic, distinguée et très appropriée en la circonstance… ouin ouin ouin ouin !).

Après une courte réflexion métaphysique sur le sens de la vie, il a fallu repartir au triple galop : il était temps d'aller se faire belles pour la soirée de gala.
Moi, je n'avais pas grand chose à faire, vous savez, un rien m'habille.
J'en ai profité pour faire une bonne sieste.
À l'heure dite, j'ai passé ma veste sur mesure, made in Viêt-Nam. Elle est jolie, mais j'hésite toujours à la mettre parce qu'ensuite, comme le tailleur a oublié de mettre une doublure à l'intérieur, je n'ose plus l'enlever (on voit toutes les coutures, ça casse l'effet classe…): il faut être bien certain qu'il ne fera pas une chaleur de tous les diables. Bon, j'ai fait le choix de sacrifier mon confort et j'ai endossé la veste.

Bon, je ne vous raconte pas le trajet en bus, vous connaissez (tout de même, dans Moscou, les rues avec six voies de chaque côté, c'est impressionnant).
On se pointe dans la palace, et, bon, on a beau s'habituer et prendre facilement des goûts de luxe, là, je dois dire que c'était vachement chouette… on ne savait pas trop sur quel pied danser, mais finalement, on s'est installés. Et rapidement, comme par une sorte d'enchantement, des petits verres évasés à la forme caractéristique ont fait leur apparition.
Les tables étaient déjà bien pleines, alors, tout en nous désaltérant, nous avons pris soin de repérer les rares surfaces horizontales libres, pour nous débarrasser des monceaux de nourriture que nous nous attendions à voir se déverser sur nous.

Une sympathique vieille dame avec laquelle j'avais papoté pendant l'expo, est venue s'installer pas loin de nous. Elle s'était présentée comme une journaliste russe, en un excellent français.
Charmante.
Charmante, mais il s'est avéré peu après qu'elle n'avait pas à être là, et elle s'est discrètement mais fermement fait virer… j'ai alors réalisé qu'elle était restée très vague relativement à ce qu'elle était censée faire là.
C'était une pique-assiette.

Ceci dit, ce n'est pas ça qui allait gâcher notre joyeuse humeur : nous avions droit à un dîner spectacle, avec des dames drôlement habillées et drôlement décolletées qui se trémoussaient dans des costumes colorés et extravagants.
C'était très… esthétique.
Hum… enfin… ça aurait pu l'être, s'il n'y avait pas eu les deux immenses photos de Kevin la tête à claques, immenses et sur l'habituel fond verdâtre. La plus grave erreur de Microsoft depuis Vista, selon moi.
Enfin, le spectacle multicolore a pris fin, avec l'impressionnante traversée de la salle par une des danseuses, accrochée à un câble, juste au dessus de nous.
Bon, on avait envie de se marrer, alors on a suggéré d'accrocher les lauréats de l'épreuve et de les envoyer sur scène par la même voie, en sens inverse. Habillés de la même manière ? Non, on y avait pas pensé, ç'aurait été marrant.

Les organisateurs avaient dû voir la veille que le truc des photos de nous marchait bien… alors, ils en ont remis une couche.
Bon, alors, nous, du coup, on était content.
Et en plus on ne voyait plus Kévin sur fond verdâtre… c'est le genre de truc, quand ça s'arrête, tu te sens forcément heureux de vivre. Ça doit être un truc de com'.
  • Ho ! Regarde, là c'est toi !
  • Ah ! Ouais, mazette ! J'avais pas vu le photographe, sinon je me serais recoiffé et j'aurai rentré mon pan de chemise.
  • Tu buvais de la vodka aussi dans le salon, devant ton stand ?
  • Non, non, ça c'est de la Badoit.

Alors, évidemment, là, on est venu nous dire que tout le monde était formidable, et qu'en plus on allait décerner les prix aux plus formidables parmi les formidables. Moi j'aime bien… mais ce qui m'embête, c'est que depuis mon retour, j'ai beau faire, plus personne ne me dit que je suis formidable, et… ça me manque !
Bon, je ne vais pas chialer, je suis un homme, tout de même !
Enfin, bon, si jamais ça vous tente…

Alors, en ce qui concerne le palmarès, je vais distinguer deux catégories. Les Français, et les autres.
Eh ! Bien… en ce qui concerne les autres, absolument aucun des trucs que j'avais remarqués n'a été sélectionné…
Seule la petite Tina Turner Roumaine a eu droit à un accessit… je suis content pour elle, elle pourra montrer son joli stand à Barack Obama, s'il est là. Et s'il n'a pas autre chose à faire.
Bon, alors, il faut tout de même que je vous dise qui a gagné le prix spécial Microsoft (celui que j'avais peu de chances, somme toute, de remporter, en utilisant Openoffice sous Linux). Alors, devinez ?
Non ?
Si !
Non, là, je ne te crois pas, c'est un truc que tu fais exprès, un genre de gag à répétition…
Je te dis que c'est lui !

And the winner is…

THE QR CODE

wwwwwwwaaaaaaaaaaooooooouuuuuhhhhhhhh !!!!

Il faut le vivre !

Allez, je suis bon prince, je suis content pour lui et pour l'unité de la Belgique… (le Flamand et le Wallon tombant dans les bras l'un de l'autre, ça, en plus, ça va me faire une photo collector)



Et pour ce qui est du prix des exposants…

I consider it a challenge before the Human Race
And I ain't gonna loose !

WWWWEEEEEEEEEEE AAAAARRRRREEEEE TTTHHHEEEE…

Ah ? J'avais dit que je chanterais pas ça ?
Bon, dommage…

Jean-Roch, on sentait bien qu'il avait mis tout le monde dans sa poche, avec son accent français à couper au couteau et son très chouette projet de classe. Alors, c'est de circonstances, on va plutôt lui dire :

Yes You Can !

Tu vas mettre l'Amérique à tes pieds.
(et surtout ne prends pas de cours d'anglais… tu feras la bise à la Classe Masson de ma part, parce que vu que c'est un blog interdit aux moins de 18, il ne viendront pas lire mes sornettes)

Ensuite, pour la fin de la soirée, je tiens à faire ici un démenti formel.
Toutes sortes de bruits ont couru, comme quoi je me serais dandiné en compagnie de Danoises et de Slovaques, que je me serais compromis à faire la chenille en long et en large (la chenille, non mais vous avez vu ma tronche?) et qu'en compagnie de certains excités, j'aurais fait du tapage sur le dance floor. Et même (!) que j'aurais dansé avec la pique-assiette qui avait réussi à rentrer malgré les forces de l'ordre.

Vous y croyez, vous ?

Moi, je ne me rappelle pas du tout de ça. Ce que je pense, c'est que j'ai dû sortir mon pc que j'ai toujours avec moi pour ne pas perdre mon temps à des billevesées, et répondre à mon courrier électronique.
Enfin, je ne suis pas sûr…

Mais une chose est certaine, c'est que je n'ai pas fait toutes ces choses.
Et pour une bonne raison.
Il était inutile de faire le mariole pour se faire remarquer, parce qu'il aurait été vain de vouloir voler la vedette à l'espèce de dandy en costume gris, quatre poils au menton, chemise ouverte et chaussures de sport Puma Jaune Vif qui dansait la kalinka au milieu de l'assistance ébahie.

конец

lundi 4 avril 2011

Moscou 9 : Et j'ai crié ! Crié !


UN VOYAGE QUI OUVRE DES PERSPECTIVES

ou

Le Gugu passe à l'Est (par la fenêtre)

épisode 9 : Et j'ai crié ! Criééééé !

Le lendemain, c'était le dernier jour du forum.
Le matin, on a d'abord eu droit au conférences… vous vous rappelez, hein ? Le truc avec le super speaker et les gens qui adorent les profs parce qu'ils sont des gens géniaux. Eux. Pas les profs. Enfin, si, les profs aussi…
Quoi ? Vous ne comprenez rien à mon charabia ? Bon, alors, écoute, si tu voulais comprendre, t'avais qu'à lire correctement les épisodes précédents.
Toc !
Alors là… je dois dire : respect !

Respect !

Non, parce que, les confs, bon, pas terribles, mais il y en a une qui a réussi à subjuguer tout les concurrents. Et moi aussi, si, si ! (Et pourtant, moi, on ne me subjugue pas si facilement que ça… quoi ? Les petites Slovaques ? Bon, écoute, moi, je te raconte mon truc, c'est pas pour que tu viennes foutre la pagaille avec tes questions à la noix, okay?)
Alors, la conférencière, elle commence à nous remercier, et à nous dire qu'on est les géniaux parmi les géniaux… nous, on commence à s'habituer, et, euh… on aime bien ça.
Et là : Tada ! Elle nous sort le Powerpoint de la suite Microsoft Office 2010 de la mort qui tue !
Pas des photos de Kevin, non : des photos de nous ! Oui, de toi, de toi aussi et de toi, toi et toi… non, toi, tu y étais pas. Moi non plus, d'ailleurs.
Stupéfaction dans la salle. Nous on aime s'entendre dire qu'on est fantastiques en se regardant en photos sur écran Maxi Géant.
Et puis, bon, le diaporama devait avoir une fin, et on ne pouvait pas avoir des photos de tout le monde… mais c'était nous. NOUS. Et puis… ils avaient gardé le meilleur pour la fin : une magnifique photo de deux profs, heureux, innovants, géniaux, rayonnants, une grande et large image de pur bonheur pédagogique, fixe…
Devant mon stand !
Au dessus des deux collègues rayonnants, se détachaient les lettres colorées et découpées au ciseau de gaucher :

H Y P E R S C H O O L

WWWWWWWAAAAAAAAAAOOOOOOOUUUUUHHHHHHHH !!!!

Moi, vous me connaissez, je suis modeste, mais tout de même :

WWWWWWWAAAAAAAAAAOOOOOOOUUUUUHHHHHHHH !!!!

Et heureusement que la délégation britannique m'avait donné la veille un aperçu peu glorieux de ce que ça pouvait donner, sinon, c'est sûr, je me serais mis à chanter : We are the Champions, my Friend !

Bon, du coup, là, j'étais bourré d'adrénaline.

La conférence d'après m'a calmé…
Devinez ce que c'était ?
Non, pas les QR codes, non, ça ne peut pas être ça à chaque fois !
C'était les deux Suédois coincés de la veille, que venaient en remettre une couche sur comment déchaîner une créativité sauvage et échevelée avec les outils Windows.
Moi, avec l'adrénaline (et j'ai crié, crié, adrénaline…) j'étais un peu survolté, alors leur angle d'attaque balai dans le cul ne me satisfaisait guère… je me suis défoulé en me foutant de leur poire sur Twitter… ce qui m'a donné l'occasion de recevoir un tweet délicieux de Coach Thierry, me disant «Il faut savoir apprécier la façon qu'ont les Scandinaves d'exprimer leur enthousiasme tout en retenue».
Je l'adore.

Bon, ensuite, nous sommes allés manger, et je me suis retrouvé à table à côté d'un monsieur, qui avait un discours fort intéressant sur l'évaluation par compétences.
J'aurais bien devisé avec lui, mais il s'était fait alpaguer par quelqu'un d'autre, qui lui vantait les mérites de l'évaluation à la française, et en particuliers ceux du bac… beurk !!! Moi, j'étais un peu handicapé par mon otite, j'avais un peu du mal à suivre la conversation, mais j'ai tout de même réussi à lui toucher quelques mots de notre fabuleuse association e.l@b http://www.facebook.com/elabfb et je suis bien certain que l'idée l'a interpellé… comme tous ceux à qui j'en ai causé (et qui ont écouté).

e.l@b rules !

Ensuite, après le repas, je me suis perdu.
J'avais perdu le reste de la délégation de vue, et je ne retrouvais plus mon chemin. J'ai donc demandé à plusieurs personnes, après avoir vérifié qu'elles comprenaient l'anglais…
  • I'm cherching the Microsoft Forum… you know ? The teachers ?
Toutes les personnes à qui j'ai posé la question m'ont regardé bizarrement, d'un air de ne pas comprendre… et là, vous imaginez le stress !
Perdu dans un hôtel ! What a shame !

Il m'a fallu un moment pour réaliser que je me trouvais déjà dans la salle du forum… mais que simplement j'étais entré par une autre porte.
Que d'émotions !
Quoi ? Pourquoi vous me parlez de vodka, là ? Je ne vois vraiment pas le rapport !

dimanche 3 avril 2011

Moscou 8 : Vous prendrez bien un petit dessert ?


UN VOYAGE QUI OUVRE DES PERSPECTIVES

ou

Le Gugu passe à l'Est (par la fenêtre)

épisode 8 : Vous prendrez bien un petit dessert ?

Le soir, après l'habituel parcours du combattant en bus, il fallait que nous allions manger. Premier problème… repartir hardi petit, après avoir vaguement eu la possibilité de s'étendre et d'envoyer quelques messages.
Second problème, Thierry ne serait pas là : il avait rendez-vous avec son cousin. Vous me direz que ce n'est pas un problème… mais si ! Car nous nous trouvions dans un état de déresponsabilisation avancé (aller là où on nous dit d'aller, faire ce qu'on nous dit de faire, avec comme seule initiative choisir des plats dans un menu de temps en temps). Et là, soudain, il allait falloir se rendre aux repas régionaux… on se sentait un peu abandonnés.

Mais nous avons été courageux, et nous avons réussi à grandir, à nous débrouiller tous seuls pour nous rendre au restaurant ! A chaque jour sa petite victoire !
Autre point positif : nous étions assez près du restaurant pour y aller à pieds, donc pas de bus ni d'embouteillage ! Youpi !
Courageux, nous avons donc cavalé dans la neige, avec nos petits escarpins vernis, pour nous rendre à ce fameux repas «par groupes».
C'est un concept intéressant, cette idée de faire dîner les gens par groupes locaux, et ça a dû être pensé par de fameuses têtes pensantes, spécialisées sans doute dans les ressources humaines. Je dis ça, parce que nous, nous n'avons pas tout compris. L'idée paraissait simple, renforcer les réseaux locaux par des moments conviviaux en petits groupes…
Super !
Bon, alors le fait que l'intégralité des participants du Forum se soit retrouvé dans le même petit groupe que nous, c'est ça qui me paraît complexe et vraiment révolutionnaire comme idée… si je demande qui il y avait dans les autres groupes on dira que je fais du mauvais esprit, alors je ne le demande pas.

Alors, là, notez bien sur un petit bout de papier le détail suivant, pour être sûrs de bien vous en rappeler pour la suite, c'est important pour la compréhension de l'ensemble.
Lorsque nous sommes arrivés au restaurant, les tables étaient entièrement couvertes de plats… c'était une sorte de buffet.
Nous avons tous pris quelques petits verres d'eau minérale locale, comme à tous les repas, comme apéritif. Et ensuite, nous avons commencé à picorer dans les plats qui se trouvaient disposés sur la table.
Nous papotions aimablement, l'ambiance était cordiale et les petits verres de… d'eau agréablement parfumés.
Et on nous apporta un nouveau plat…
Nous, on discutait, et avec les petits verres là, on n'a pas fait attention, sur le coup. Mais, si vous regardez votre petit papier, vous comprendrez sans doute le problème…
Eh ! Oui… la table était préalablement recouverte de plats, et ce dès notre arrivée.
  • Tiens, je te passe le plat, goûte, c'est excellent.
Le suivant, évidemment, il ne sait pas non plus quoi faire du plat, et il fait le même coup à son voisin. Etc…
Forcément, au bout d'un moment, le subterfuge devient un peu gros (qui est gros?) et il y en a un qui reste avec le plat dans les mains… on dira qu'il se trouve comme un c… hum, comme un imbécile.
Là on rigolait tous… sauf le… l'imbécile en question.
Bon, nous ne sommes pas des bêtes, et donc, après s'être bien foutu de lui, on se serre les coudes et on serre nos assiettes, et on lui fait une petite place pour qu'il se débarrasse du plat.
Mais, pendant ce temps, les serveurs nous avaient non seulement rempli nos verres de vin rouge, pour affaiblir notre vigilance, mais aussi refilé encore deux ou trois plats supplémentaires.
Et vas-y que recommence le jeu des chaises musicales, mais là on avait de plus en plus de mal à refiler les victuailles, plus personne n'était dupe.
On se retrouve tous avec plus ou moins un ou deux plats sur les bras. Toutes les surfaces horizontales du restaurant étaient encombrées et les convives des tables voisines étaient confrontés au même problème…

C'est là que se pointe notre ami Benjamin de Bruxelles, en pleine forme, les cheveux en pétard et le Windows Phone à la main.
  • Salut la France !
Nous, on était contents de le voir arriver, on l'invite à venir papoter un moment, et là, grave erreur… il accepte.
Il s'assied, et se retrouve instantanément avec un plat dans chaque main plus un ou deux sur les genoux, que nous avions déposés là en profitant de son manque de vigilance.
Ça a détendu l'atmosphère, on se sentait plus à l'aise, moins encombrés, et nous avons pu le soumettre à un feu nourri de questions concernant les dernières mises à jour logicielles de la suite Office.

Ceci dit, malgré cet intermède, le flot de nourriture ne se tarissait pas, et nous avons commencé à avoir des craintes pour notre intégrité physique et mentale.
Robert, en particulier, se rapprochait de plus en plus de l'explosion, au fur et à mesure qu'il sentait que la coût de toutes ces victuailles commençait à se rapprocher dangereusement du PIB des nations les moins favorisées.
Même le sujet passionnant de la suite Office ne parvenait plus à le dérider.

À ce moment, la délégation britannique s'est mise à chanter. Et nous avons compris qu'il allait falloir rapidement battre en retraite face à toutes ces vicissitudes morales, physiques mais surtout à cause de cette atteinte au bon goût.
Ce fût donc la débandade, toute l'équipe se ruant vers la sortie dans un chaos total, après avoir glissé les plats sous la table et tandis que les serveurs nous couraient après pour nous refiler les desserts que nous avions oubliés et tandis que les Brits hurlaient We are the Champions.

Oh ! My God !

Nous avons ensuite erré, par petits groupes hagards et désorganisés de deux ou trois pèlerins, pour regagner le havre de paix de notre hôtel.

L'air frais et revigorant du printemps moscovite nous a remis les idées en place, et nous avons pu papoter tranquillement, Laurence @frompennylane et moi, en essayant de ne pas nous perdre sur le chemin de l'hôtel.
Et c'est là que, pataugeant dans la neige et la gadoue, la dite Laurence m'a affirmé sans rire qu'elle n'était pas une aventurière. Elle qui deux jours avant se trouvait perdue dans Moscou, seule et sans idée de son adresse de destination, dans un taxi conduit par un Tchétchène ivre mort et peu accommodant.