mardi 29 mars 2011

Moscou 4 : Gugue Ellen


UN VOYAGE QUI OUVRE DES PERSPECTIVES

ou

Le Gugu passe à l'Est (par la fenêtre)

épisode 4 : Gugue Ellen

Alors, il fallait bien que ça arrive… et bien que, par une fréquentation éhontée (et dispendieuse) des hôtesses d'accueil, j'aie essayé vaillamment de repousser l'échéance, je me suis finalement retrouvé devant mon stand.

Dans un premier temps, j'ai eu l'impression de m'être trompé d'adresse. On se serait cru dans un congrès JC Decaux ! Et vas-y que je te déballe des affiches en papier glacé par ci, des ustensiles publicitaires par là, cartes de visite et drapeaux… si le plafond avait été plus haut, il y aurait sans doute eu aussi un dirigeable Michelin.
Il y avait aussi de grandes photos de Kevin, sur le fond vert de rigueur. Il avait l'air content.
Je jette un œil sur Coach Thierry, pour voir s'il est conscient que, sous peu, il va devoir affronter la honte et la vindicte populaire, eu égard à la piètre qualité de ce que j'allais présenter… mais non, il est placide, interpelle les uns et les autres, on s'embrasse et on a l'air content de se retrouver…
Bon… je me motive ! Mon truc est génial : personne n'a, comme moi, pensé à illustrer son propos avec un arbre (un arbre !), avec des branches ! Et des racines ! Un superbe arbre marron… enfin, disons qu'il aurait été marron si je n'avais pas oublié mon taille crayon… ce qui fait que, bon, il est à moitié marron et à moitié orangeâtre (et comme plus ça allait et moins j'avais de mine, pour ne pas avoir à terminer mon tronc en bleu ou en rose, on peut dire que j'ai davantage hachuré que coloré…).
Deux idées formidables : les feuilles que je vais coller sont les feuilles de l'arbre et je vais forcer le jury à se mettre à genoux, au sens propre, en écrivant la partie du bas (les racines) tellement petit qu'ils n'y verront rien en restant debout.
Trop bon ! Faites appel à moi si vous voulez organiser quelque chose, expo, événementiel, stand au salon de l'agriculture, photos de mariage, je suis prêt à tout, voici ma carte !

Comme vous le constatez, le moral remontait en flèche quand toute cette belle mécanique soigneusement huilée a commencé à se gripper…
Je découpais des trucs, je les scotchais… et plus ça allait, moins ça allait. En particulier tout ce que je découpais était de traviole, mes bouts de scotch étaient de plus en plus entortillés… je n'avais pas la place pour coller les branches de l'arbre, qui dans une fabuleuse métaphore devaient symboliser les relations entre les différents aspects de mon travail.

Il faut faire une pause, je me dis… tu dois commencer à fatiguer un peu (rappelons nous que l'avant-veille j'animais un atelier à Charleroi, que la veille j'avais effectué le trajet Lille-Moscou et que je venais de passer la journée enfermé dans ma chambre d'hôtel pour essayer de faire figurer deux ans de boulot sur trois feuilles de papier canson… ceci comme week-end après une semaine de boulot de dingue, je vous passe les détails).
Alors, je jette un œil sur le boulot de mes compatriotes, histoire de me détendre et de socialiser un peu…
Il faut vous dire que j'avais été installé entre JR et Bobby (véridique) et je me suis pris à espérer très fort que ma miraculeuse sélection pour cette petite sauterie n'avait pas été motivée uniquement par ma ressemblance avec un autre personnage de la série…

JR, Bobby et Gugue Ellen…
Merde…
Je jette un œil sur Thierry… il a l'air d'avoir un certain sens de l'humour, bien décalé…
Maman ! Je me suis fait piéger à Moscou par un gang de fans des séries bidons des années 80 !
Heureusement qu'avec Virginie, sur le dernier stand, c'était Pascal et pas Paul, sinon, là, c'est sûr que j'aurais perdu définitivement pied.

Mon petit, il faut que tu te reprennes !
Je jette un œil sur le projet de JR, qui n'a rien d'un grand méchant… et là, je retrouve les images qui me sont familières, les avatars de @jyaire et de la @ClasseMasson, avec lesquels je clavarde chaque semaine et tente de les embrouiller dans leur partie d'échec contre les @Crotenaycycle3 d' @AmandineTer.
Ouf, tout ça c'est du solide !
Merci Jean-Roch, tu m'as sauvé et tu pourras continuer ton œuvre du salubrité publique Outre-Atlantique !

Bon, ceci dit, toute cette histoire m'avait secoué…
Bob était en train d'accrocher des casques romains dans tous les coins, Pascal et Virginie jouaient à la poupée et accrochaient des brins de laine partout… enfin bref, j'avais tout de même la sensation que mes perceptions étaient légèrement altérées…
À ce moment là, le signal du départ a été donné…

Visite de Moscou en bus !

Génial, ça allait me changer les idées…
Le seul problème c'est qu'à travers la vitre, on ne voyait rien (saleté, buée… on n'a pas tellement profité de la vue sur les chefs-d'œuvres architecturaux).

Et puis, tout d'un coup, on s'est retrouvé propulsés sur la place Rouge, un peu exsangues, au milieu de ce décor bizarre et hétéroclite… (une chose est certaine c'est que je ne confierai pas l'aménagement de mon charmant village provençal typique à un urbaniste russe).
Bon. On erre un peu là au milieu, mais quelque chose n'allait pas…
Et puis tout à coup, j'entends un son s'échapper des lèvres de Virginie, qui se trouvait là, les bras ballants comme moi.
Je me penche (je suis un peu sourd…) et je perçois les mots suivants, à imaginer avec l'accent du Sud-Ouest :
  • Il faut qu'on mange quelque chose…
Et c'était ça :

On avait la dalle !!!

À ce moment, un esorte de signal atavique muet a été lancé, et on s'est tous lancés à la poursuite de notre coach… lui, il sembrait avoir une idée précise de l'endroit où il voulait aller mais pas d'idée très claire relative à la manière de s'y rendre … et comme c'est une personne assez vive et que nous étions tous, à des degrés divers, plus ou moins diminués, nous avons eu du mal à le suivre…
Finalement, nous avons réussi à atterrir dans un restau, dans lequel quelques rasades de la boisson locale et un bon bol de bortch ont eu vite fait de remonter le moral des troupes…

Mais nous avions tout juste bu notre quatrième… euh, non, on s'était bien restaurés… quand soudain : Banzaï il a fallu repartir au pas de charge pour rejoindre nos bus, juste à temps, avant d'être irrémédiablement abandonnés.
À l'hôtel, nous avons retrouvé Laurence de Penny Lane… elle semblait avoir eu quelques soucis pour rejoindre l'hôtel. Elle semblait se plaindre d'avoir eu à traverser Moscou dans un taxi conduit par un Tchétchène bourré qui lui avait déclaré en cours de route :
    1. qu'il n'acceptait pas sa carte bleue
    2. qu'il ne connaissait pas l'adresse de l'hôtel
Comme elle ne connaissait pas elle non plus l'adresse, ni le nom de l'hôtel, elle semblait avoir trouvé ça légèrement stressant !
Ah ! Ces occidentaux gâtés, qui s'inquiètent pour un rien !

Bon, tout ceci s'est arrangé finalement par un coup d'American Express magique de Thierry, et nous sommes allés picoler un peu… euh… non, ce n'est pas ce que je voulais dire… nous sommes allés deviser et échanger d'importants renseignements à propos des dernières mises à jour de Microsoft Office 2010.

Enfin, pour ma part, j'étais pas mal éprouvé par tout ça, et j'ai eu le bonheur de trouver quelques messages et tweets de soutien qui m'ont fait beaucoup de bien… et là, je ne déconne pas !

Alors merci à leurs auteurs, ils se reconnaîtront, et je leur dédicace ces quelques lignes…

lundi 28 mars 2011

Moscou 3 : Gugu's special Award


UN VOYAGE QUI OUVRE DES PERSPECTIVES

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Le Gugu passe à l'Est (par la fenêtre)

épisode 3 : Gugu's Award


Le rendemain, c'était visite de Moscou pour tout le monde…
Pour tout le monde, enfin presque : les membres du jury devaient se réunir pour préparer l'évaluation des projets du lendemain… et moi, le gros malin de la bande, je devais préparer mon panneau de présentation !
  • Alors, c'était chouette Moscou ? Tu as visité des monuments intéressants ?
  • Euh… non, je suis resté dans ma chambre à faire des collages pourris.
Je n'avais jamais été très doué pour les arts plastiques, et il n'y avait aucune raison que mes difficultés motrices se résolvent soudain, cet après-midi là, pour me permettre de réaliser la super affiche, synonyme d'invitation directe pour des States pour service rendu au monde des Arts.
M'enfin, bon, par respect pour les personnes qui m'avaient invité ou recommandé, et qui avaient montré qu'elles croyaient en moi, il fallait que je me déchire le slip pour faire du mieux que je pouvais.
Je suis comme ça, moi.

Mais tout de même rater la visite de Moscou, ça foutait les boules…
Heureusement , mon moral est rapidement remonté en flèche, et ce grâce à une certaine Polina.
J'avais des impressions couleur à faire des quelques documents présentables qui se trouvaient à ma disposition, et il avait été convenu avec Thierry, notre coach, que je pourrais les faire à l'accueil de l'hôtel…
Alors, je me pointe au dit accueil, et je tombe sur une charmante hôtesse, qui avait avantageusement remplacé le gentil mais slave et masculin personnage qui se trouvait là précédemment.
Moi, vous me connaissez, je suis un esthète, et j'ai été fort sensible à la différence.
  • Bonjour I want to imprimer un truc please is it faisable ?
  • Yes we can, m'a répondu la gracieuse jeune femme…

Moi vous me connaissez… oui ? Ah, bon…
  • Do you have une clé usb ? me demande-t-elle.
  • Une clé usb ?
Héhéhé… pas bête ! Pour imprimer, il fallait que je lui donne mes documents. Bon, je n'ai pas été sélectionné haut la main pour un des forums à la pointe de la technologie européenne pour rien : j'ai compris ce qu'elle me demandait du premier coup.
  • Heu… j'ai dit.
Alors là, j'ai immédiatement compris que c'était la bonne réponse : elle m'a donné son adresse mail (et par conséquent son prénom, nous l'appellerons désormais Polina) en me disant en deux mots et fort gentiment que, évidemment nous, les top innovateurs, ne nous servions peut-être plus de clés usb, et que je pourrais me servir de cette adresse pour lui envoyer les docs.

Ladies and Gentlemen, for the spécial award of the fastest contact with a beautiful local woman, please applause and guive a standing ovation to : Le Gugu !

Moi, vous me… hum… enfin, je suis marié et sérieux, mais ça fait plaisir quand même. Bon, alors du coup, j'ai passé pas mal de temps à faire des aller-retours entre ma chambre…en devenant de plus en plus difficile en ce qui concerne la quantité et la qualité des copies… si jamais il y a un audit à Microsoft, il risque d'y avoir du grabuge, car j'ai creusé un trou considérable dans le budqet de la délégation avec mes impressions couleurs…

Entre deux passages à l'accueil, je ma suis tout de même débrouillé, tant bien qui mal pour mettre en place une présentation… mais ça n'était pas évident tout de même avec mes crayons mal taillés : heureusement que Virginie m'a passé des ciseaux et des couleurs…

En fin d'après-midi, ralliez vous à mon panache blanc avait dit Thierry, et hop, tout le monde en bus, direction l'hôtel Renaissance, pour mettre en place nos stands…
Là, j'ai immédiatement foncé au business center, pour me faire faire des impressions supplémentaires… on m'a toujours dit qu'il était bon de savoir faire bonne impression !
La collègue de Polina était tout à fait à la hauteur… j'ai réussi à la tétaniser d'entrée grâce à mon charme fou (et en essayant de lui faire imprimer un doc openoffice, je suis taquin).

Mais bon, comme tout ça se faisait à mes frais, j'ai malheureusement dû battre en retraite et aller installer mon stand pour l'expo du lendemain…

dimanche 27 mars 2011

Moscou 2 : Bienvenue à CTOИ


UN VOYAGE QUI OUVRE DES PERSPECTIVES

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Le Gugu passe à l'Est (par la fenêtre)

épisode 2 : Bienvenue à CTOИ


Alors, dans l'avion, je me suis retrouvé contre la porte des toilettes… mauvais plan, il y avait des turbulences et… hmm… je vous passe les détails.
Enfin, moi, même dans les toilettes, avec les turbulences et le reste, j'aurais tout de même été content d'être là : ce que je dis, c'est uniquement pour soigner mon image de grincheux…
C'est là que vient s'asseoir à côté de moi, juste de l'autre côté de l'allée, le responsable de l'équipe PIL française. Il voulait discuter de mon projet. Moi, j'avais prévu de bouquiner dans mon Kindle tout neuf, le dernier roman de Augusten Burroughs pour parfaire mon English.

Bon… je n'allais tout de même pas bouder.

Alors j'explique.
L'idée, ce sera de montrer les interactions entre notre projet local, le Colvert, et la création de notre association e.l@b
Je décris habilement la genèse de l'association et la manière dont elle a influé sur la naissance du projet Colvert.
Comment la mise en œuvre pratique, au sein de la classe a aussi eu son influence sur mes idées et mes propositions en ce qui concerne l'association…
Et tout ceci pour arriver à la conclusion, à l'explication du modeste et génial titre de ma présentation : je propose que la classe, ouverte sur l'extérieur aux autres enseignants, aux personnels non enseignants, et même plus loin, en dehors de l'établissement, grâce aux outils du web collaboratif, soit considérée comme une hyperclasse.
Que l'outil que sera notre association soit, elle, considérée comme une hyper salle des profs… hyper, en particulier, dans ce sens qu'elle n'accueillera pas uniquement des enseignants et qu'elle ne sera pas soumise aux contraintes spatio-temporelles de la salle des profs classique.
Et que l'ensemble formera modestement un laboratoire d'idées et un laboratoire d'expérimentation de ces idées, ou tout simplement une…
Hyperschool…

Le tout dit avec une pointe d'émotion dans la voix, juste ce qu'il faut.
Ensuite, habilement, je m'intéresse à mon auditeur. Celui-ci m'explique de manière très convaincante que son travail n'est pas de prêcher de toute force pour les Fenêtres : sa mission est davantage de favoriser l'aération, quelle que soit la méthode utilisée…
«Si on développe les bons usages, si les gens vont vers plus d'ouvertures dans leurs pratiques, forcément ça développera aussi le marché de la Fenêtre… en particulier, nous souhaitons développer un réseau d'enseignants qui développeront ensemble ces bons usages»
Limpide.

Super, je ne vais pas être obligé cacher mon pingouin !

La discussion était bien lancée, dans des conditions idéales, de part et d'autre de la file de personnes tentant d'éviter le pire en attendant de pouvoir accéder aux toilettes…
Je sentais que j'avais mon auditoire bien en main, quand soudainement le dit auditoire, au détour d'une envolée lyrique de ma part en faveur de notre fabuleuse association, me dit :
  • Bon, il va falloir que je dorme un peu.
Il se cale sur son fauteuil, ferme les yeux, et aussitôt dit, aussitôt fait… s'endort.
La main en l'air et la bouche ouverte, je suis resté…
  • Excusez moi… buuuurp, me fait quelqu'un dans l'allée.
  • Je vous en prie… faites donc…
C'est alors que j'ai compris que mes idées étaient tellement formidables et révolutionnaires que j'avais épuisé mon PILcoach… et c'était génial, ces idées allaient continuer de germer dans son esprit dans son sommeil, tandis que sa tête oscillait au gré des turbulences…

Le reste du voyage n'a pas été trop long, j'avais tenu la jambe à mon voisin relativement longtemps et bientôt nous sommes arrivés à Moscou.
Après avoir péniblement franchi la douane russe (toutes les files avançaient sauf la notre, où une grosse blondasse aux yeux de merlan frit nous dévisageait l'un après l'autre longuement avant de nous laisser entrer dans sa mère-patrie…) on s'entasse dans deux taxis qui se lancent à fond la caisse dans la traversée de la capitale… si j'avais pu bouger les bras, je me serais accroché quelque part car ils y allaient vraiment fort.

Et puis, enfin, l'arrivée à l'hôtel, qui est situé peu après le panneau d'entrée à CTOИ qui doit être le nom de la banlieue ou du quartier de Moscou dans lequel nous allons résider. Les limites de Cton et de Moscou doivent être très imbriquées et complexes car il me semble que nous avons passé le panneau d'entrée à Cton à plusieurs reprises…
Enfin, peu importe, nous sommes arrivés !

Cool !

La chambre est grande comme mon appartement, le lit comme ma chambre…
Les membres de l'équipe sont très agréables et nous passons un moment sympathique à siroter ensemble une vodka douce à mon gosier, et à discuter de manière informelle, en compagnie de la délégation belge, des dernières mises à jour de Microsoft Office 2010…

Cool…

samedi 26 mars 2011

Moscou 1


UN VOYAGE QUI OUVRE DES PERSPECTIVES

ou

Le Gugu passe à l'Est (par la fenêtre)

Coup de téléphone…
  • Chéri, je te le passe, j'y comprends rien !
Alors ça, c'est la tactique de mon épouse pour me refiler les coups de téléphones des emmerdeurs en tous genres, du style représentant sous payé qui ne vous lâche pas tant qu'il n'est pas parvenu à ses fins sous peine de réduction de moitié du budget de son ménage
Impression confirmée : une femme à la voix étrangère qui me débite une longue phrase dans laquelle je capte le mot Microsoft… je m'apprête à dire ma phrase habituelle «écoutez je suis désolé et j'espère que vous allez arriver à vendre votre truc mais il vaut mieux que vous ne passiez pas trop de temps avec moi parce que même si je compatis grandement et que je suis désolé de me voir rendu partiellement responsable du fait que vos enfants arrêtent prématurément l'école je n'achèterai pas votre produit, merci au revoir…
  • Est-ce que ça vous intéresserait d'aller à Moscou pour participer au forum des enseignants innovants
  • Euh… oui
  • Est-ce que vous avez un passeport ?
  • Euh oui, je lance en tentant de paraître en être sûr
  • Bon alors d'accord, vous êtes invité, je vous transmet la documentation
Échange de coordonnées, merci au revoir…

  • Mon passeport, mon passeport, chérie, tu sais où est mon passeport 
  • Laisse moi tranquille je fais du karaoké
  • Euh… oui… euh… on vient de m'inviter à Moscou
  • Oui, d'accord
  • Euh… Moscou, tu sais, en Russie ? (l'enseignement de la géographie n'est pas très performant au Viêt-Nam)
  • D'accord, laisse moi tranquille ça va être mon tour de chanter

Ah c'est beau un couple qui s'entend bien comme ça et dans lequel règnent l'entente et la compréhension… hmmmm… par acquis de conscience il faudra tout de même que le lui répète l'information, mais visiblement le moment n'est pas idéal

Cool

Bon, alors je file chercher mon passeport… et quand finalement je le retrouve, je m'aperçois évidemment qu'il n'est plus valable
  • Merde chérie, mon passeport n'est plus valable, une belle occasion vient de me passer sous le nez
  • Mais si, tu vas à la mairie tu fais ceci et cela et dans trois jours tu auras ton passeport

Ah finalement elle écoutait… pourtant elle n'a quasiment pas arrêté de chanter… tout en repassant et en mettant la pâtée au poker en ligne à une bande de jeunes coqs vietnamiens qui n'en peuvent plus de se faire massacrer comme ça par une nana.
  • Euh tu peux me répéter ce que te m'as dit pour le passeport ?

Et hop, me voilà parti pour la mairie
Elle avait raison sur toute la ligne. J'ai épousé un phénomène… les jeunes coqs de plus en plus livides sont en train de la réaliser à leurs dépens…

Petit message à la dame de Microsoft : Madame, pour le passeport, comme je vous l'avais dit, enfin non, comme je ne vous ne l'avais pas dit, je n'en ai pas mais j'en aurai un dans trois jour
- Ah ça c'est embêtant parce que je dois faire les papiers
- Oh mais ne vous inquiétez pas je vous envoie mon fabuleux projet et le passeport arrivera bientôt

Et c'est alors que je réalise que le forum se trouve dans la semaine suivant un atelier que je dois animer en Belgique et que je me suis par ailleurs engagé à finir la correction du numéro du journal de classe dont je suis responsable et que les conseils de classes sont la même semaine que le forum… et que j'ai comme d'habitude un tas de copies vertigineux à corriger avant ce même conseil… (ce sera tout? Oui ? Ah, merci…)

Aucun problème car grâce au mind mapping je vais m'organiser pour être efficace et régler tout ça en enseignant innovant et efficace, et d'ailleurs, telle sera désormais ma devise : «je suis un enseignant innovant et efficace».
Bon je passe la soirée à installer le logiciel de mind mapping et en passant je m'achète un nouveau téléphone. Hé ! Je ne vais tout de même pas aller à Moscou avec mon téléphone actuel : le fil est trop court !
« Je suis un enseignant innovant, efficace et moderne !»

Le temps passe… Le travail avance …
Un peu…
Enfin surtout en ce qui concerne le mind mapping et le téléphone
Bon ceci dit, j'ai sans doute pris quelques notes pour ma présentation russe sur les copies de mes élèves et rempli les bulletins avec des éléments de préparation de mon atelier pour le colloque belge, car quand je suis arrivé à Charleroi, je ne retrouvais plus rien dans mon ordinateur.
J'espère que les appréciations de mes élèves traduites avec google traduction ont plu aux membres du jury de Moscou… en tous cas ils ne pouvaient pas me reprocher de ne pas donner de preuves effectives de mon expérimentation pédagogique


Bien… ceci dit, le voyage à Moscou, je n'y croyais pas tellement étant donné que plusieurs éléments me manquaient pour remplir ma demande de passeport…et que j'étais bien persuadé que le document allait revenir avec une annotation du style : l'ordinateur central n'accepte pas la date que vous avez donnée pour la naissance de votre père, car elle est postérieure à la vôtre… Ben quoi, je ne m'en rappelais plus alors j'ai dit au pif, c'est que que font tout le temps mes élèves et je ne les prive pas de récréation pour autant

Ceci étant, j'arrive bon an mal an à corriger les copies (la licence de la version d'évaluation d'Office 2010 de Mamadou a expiré, il doit mieux travailler s'il veut progresser 7/20… - hum… hum…)
Mes élèves s'occupent eux mêmes de rédiger les articles du journal, je développe ainsi leur autonomie.
  • Monsieur, pour le journal de la semaine prochaine, on ne devrait pas commencer à le préparer ? Parce que avec les autres profs on ne faisait pas comme ça, ils s'occupaient de nous
  • oui, oui…
  • Et puis on n'a pas très bien compris, pendant le cours de maths, quand vous nous avez dit que les TIC et en particulier les réseaux sociaux vont permettre à l'enseignant d'adopter une nouvelle posture pédagogique et de développer un nouveau modèle d'apprentissage … c'est à apprendre par cœur ?
  • Oui, oui
  • Monsieur, ça a sonné depuis une demi-heure, on doit quand même continuer de travailler sur le thème de la dynamique des serious games comme moyen de repousser les limites disciplinaires qui entravent la compréhension des apprentissages en les segmentant et en ne permettant pas à l'apprenant de donner une cohérence globale à ce qui formera son identité de citoyen du futur monde numérique ?
  • oui, oui
  • Mais, nous ne sommes qu'en 6e vous êtes sûr que c'est au programme ?
  • Oui, oui
Enfin…Mohamed, Laure et Kevin sont finalement allés à la cantine, il restait de la purée froide, les élèves ont rédigé le journal et construit un modèle du système solaire (et ont beaucoup progressé dans leur apprentissage de l'autonomie), j'ai présenté une passionnante «keynote» et un «workshop» pour faire apprendre aux inscrits au colloque de Charleroi leurs tables de multiplications et l'addition des décimaux… et j'ai prouvé que grâce au mind mapping on peut résoudre bien des problèmes organisationnels.

Et mon passeport est arrivé (un peu plus tard que prévu)
    Mon passeport est arrivé ! (message envoyé immédiatement)
Bon, alors là, je reçois un message : c'est trop tard, la place est attribuée à quelqu'un d'autre, ce sera pour une autre fois
    Réponse au message : Ah ? Bon d'accord…je vous ai tout de même envoyé mon projet, il est joli et plein de couleurs, vous pourrez l'accrocher dans votre bureau pour décorer ou le donner à des enfants pour qu'ils fassent des découpages. Comme ça je n'aurai pas travaillé pour rien… enfin, de toute manière, je l'ai fait faire par mes élèves… euh non, je l'ai fait pendant qu'ils travaillaient en autonomie, ou plutôt oui, c'est ça, je l'ai fait pendant mes heures libres.

La dame était désolée… moi aussi

Mais bon, comme j'en étais à J+1 pour les copies et les bulletins, je n'ai pas eu tellement de me lamenter et je me suis attaqué au deux mois de copies en retard que je trainais dans mon sac pour expier : quand on y pense ça n'est pas très logique, mais je me suis mis au boulot à fond parce que j'avais soudainement beaucoup moins de choses à faire

Le soir, les copies corrigées, avec la conscience professionnelle qui me caractérise (finalement Amélie, laisse tomber cette version du logiciel, il vaut mieux passer à Ubuntu, c'est nettement mieux pour apprendre tes leçons sur les angles alterne-internes)

Le soir, un coup de fil…
  • Finalement, le patron est d'accord pour que vous veniez, mais par contre, il va falloir recommencer la présentation et enlever toutes ces couleurs : la seule couleur autorisée est le vert et la seule illustration autorisée la photo de Kevin ci-jointe
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
(j'ai rédigé ce texte dans l'avion, et là, je crois bien que je me suis endormi sur mon clavier…)

  • Youpi !
  • Chérie finalement d'est bon, j'y vais
  • En Belgique ?
  • Euh… non, en Russie
  • Ah ? Tu vas en Russie ? Je croyais que tu allais en Belgique.
  • Bon attends , je vais t'expliquer.
  • Ça non, c'est bientôt mon tour de chanter, alors on verra ça plus tard.

Donc, vous avez compris le principe, je crois : plus on en a à faire moins on en fait… j'ai donc recommencé à ramer… mais enfin, vaille que vaille, j'ai corrigé mes copies, préparé mon conseil de classe, bouclé ma correction de journal, suis allé en Belgique et suis revenu.

  • Tiens chéri tu n'as pas l'air en forme ? m'a dit ma tendre et douce à mon retour.
  • Gnnnn
  • Qu'est-ce que tu vas faire ce soir, tu vas travailler ?
  • Gnnnn
  • Ou sinon on pourrait…
Je n'ai pas entendu la fin et j'ai sombré dans de beaux rêves…

Bon, il me restait encore le dimanche pour préparer mon support de présentation et me reposer un peu… du moins c'est ce que je croyais.
Car en consultant ma boite mail, le soir, à un moment où j'avais émergé, je me suis soudain aperçu… que les messages fixaient le rendez-vous le lendemain dimanche… et c'est ainsi qu'au terme de cette période complètement folle, je me suis retrouvé dans le train, puis dans l'avion, en partance pour Moscou.
Et j'avais oublié ma brosse à dents.

vendredi 4 mars 2011

Le chapitre 19

Le 19 est arrivé… enfin !

Pour ce chapitre, dédicace spéciale à Maryam la Niçoise et à Karine la Bretonne, qui semblent vivre dans des univers étonnamment parallèles…

Merci à tous pour votre soutien, pour vos conseils et encouragements

Manugugu